Conseils de lecture

Ça raconte Sarah
7,80
par (Libraire)
7 mai 2020

Et soudain tout s'enflamme

Une histoire d'amour pareille, c'est d'abord comme la déflagration d'un coup de feu, puis de page en page, l'écho de ce coup de feu qui n'en finit pas d'assourdir.
Avec ce premier roman Pauline Delabroy-Allard nous offre un texte d'un beauté rare dans lequel chaque mot posé enflamme le suivant d'une passion amoureuse dévastatrice.
Ce livre est un moment de grâc


Mémoires sauvés du vent

Brautigan, Richard

Christian Bourgois

par (Libraire)
7 mai 2020

Une merveille !

Quel bonheur un livre pareil !
Drôlerie, tendresse, images inouïes et cette impression grisante d'être face au vide, à un petit pas du grand saut... et l'envie de faire ce petit pas est irrépressible
Ce livre tout en légèreté est pourtant un bon gros drame, comme une balle de révolver partie trop vite. Une bêtise d'ado qui va casser l'insouciance d'une enfance passée à pêcher au bord d'un lac. On rit, on est bouleversé, un peu ivre en fait, on avance tout innocemment vers l'impact des dernières pages de ce court roman d'une délicatesse rare.


La bombe

Le Livre de Poche

7,70
par (Libraire)
7 mai 2020

Une bijou prolétaire

Plongée vibrante et émouvante dans l'arrière cour d'un capitalisme déjà bien vorace malgré son jeune âge, "La bombe" est un texte puissant qui part sur les traces d'un jeune immigrés allemand sans le sou qui va découvrir en quelques mois à peine à la fois l'injustice crasse dans laquelle est tenu le monde ouvrier, l'incroyable besoin de révolte généré par cette injustice et... la passion amoureuse.
Écrit en 1909, "La bombe" de Frank Harris reste une bombe toujours aussi redoutable malgré les années.
PRIX MÉMORABLE des librairies Initiales en 2015.

François


Murène
21,80
par (Libraire)
15 septembre 2019

Refaire surface !

On sait qu’au « terme de 3 milliards d’années purement subaquatique » le Vivant est finalement sorti de l’eau pour poursuivre à l’air libre l’histoire de l’évolution des espèces. Murène, le nouveau roman de Valentine Goby raconte l’histoire d’un homme qui, en 1956, va entreprendre le voyage inverse, parce qu’il en va de sa survie.
Dynamique, travailleur, amoureux, François est un jeune homme plein de vie, ne sachant rien faire mais curieux de tout. Un jour d’hiver, en plein milieu d’un paysage de neige dans une campagne ardennaise qu’il ne connaît pas, il va être victime d’un accident électrique sur le toit d’un wagon arrêté en pleine voie et sur le toit duquel il était monté pour essayer de trouver son chemin. En un éclair, « une caresse brûlante » traverse sa chair, enflamme ses tissus et projette son corps à plusieurs mètres. Une petite fille poursuivant un renard trouvera son corps quelques heures plus tard.
Sauvé du froid, il va à présent falloir sauver François de lui-même car le prix de ce sauvetage sera celui d’une vie sans bras.

Murène est un roman saisissant dont on interrompt très difficilement la lecture tellement la narration sans temps morts nous plonge dans le parcours, de l’ombre vers la lumière, d’un garçon qui va devoir accepter de réinventer sa propre vie d’être diminué. Il sera bien sûr question de douleurs, de courage, de colères, d’abattement et de victoires, de résilience. Comment réapprendre les gestes du quotidien, recevoir le regard des autres, de ses proches, et celui des femmes d’abord ? Ce cheminement intérieur est écrit avec une sensibilité et une justesse sidérantes. On partage la moindre émotion de François, le moindre signe de découragement ou d’espoir retrouvé. Rien ne sonne faux dans ce livre. Même le temps long du soin et de la rééducation se lit avec un brin de fièvre, l’auteure employant alors tout un vocabulaire pour dire les gestes, les mouvements, les sensations sans jamais laisser percevoir l’ampleur du travail de recherche qu’elle a dû entreprendre en amont !

Mais ce qui rend autrement passionnant ce roman, c’est sa dimension historique.
Aux côtés de François, nous plongeons dans les années 50 et 60, à une époque où la chirurgie fait ce qu’elle peut, où le handicap se cache et fait peur (mais se porte plus facilement s’il a été gagné au combat, car oui, 14 – 18 n’est pas loin, 39 – 45 encore moins et nous sommes en pleine Guerre d’Algérie). Une époque aussi où les prothèses n’étaient qu’une mécanique pénible faite de câbles, de ferraille et de bois. Une époque enfin où l’Association des mutilés de France (future Fédération Française Handisport) voit le jour, guidée par la conviction forte que la pratique sportive aidera la personne handicapée a reconquérir son corps et, partant, sa dignité. Encore faut-il avoir accès aux stades, aux pistes et aux piscines. Leur combat sera d’imposer cet accès aux autorités de l’époque. Et nous nous retrouvons ainsi au bord d’une piscine, en maillot de bain aux côtés de François qui s’apprête à devenir murène, à prendre à rebours l’évolution de l’espèce humaine, à se jeter dans le grand bain de l’histoire du sport avec handicap. Au bout de la ligne, les premiers Jeux paralympiques de Tokyo en 1964.
Fascinant.


Panique à Needle Park
17,90
par (Libraire)
23 septembre 2016

Addictif !

Il y a des lectures immédiates. De celles qui pour vous bouleverser vont moins passer par votre cerveau que par vos tripes. Voici donc un chef d'oeuvre du genre écrit en 1967.
S'il ne s'agissait pas d'hérïne mais de cocaïne, je vous dirais que l'on tombe accro à la lecture de ce bouquin dès la première ligne...!